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Écriture et graphisme

Des premières traces jusqu’à l’écriture

Du dessin à l’écriture : le passage

L’enfant qui écrit mal

Écrire, mal écrire

La graphothérapie clinique

Des premières traces jusqu’à l’écriture

Comment l’enfant va-t-il, dans ses tracés, s’acheminer vers l’écriture ?

Les premières traces graphiques apparaissent chez l’enfant vers un an environ. Ces premiers tracés sont tout d’abord la simple extériorisation d’une excitation. Ils n’ont pas pour objectif de représenter quelque chose. Ils sont seulement l’occasion d’expériences «sensori-motrices» à travers ce que l’enfant ressent lorsqu’il appuie sur le crayon ou effleure la feuille, accélère, ralentit son mouvement etc. Il s’agit pour lui de sentir, éprouver des sensations. Il en joue, il les affine.

Le regard va jouer un rôle important car la trace est visible et elle reste. Pour soi et pour l’autre. Appréciation, jugement, désir de plaire, estime de soi, possibilité de don, interviennent donc d’emblée. Et ce jeu où se combinent la main qui lâche un tracé et l’œil qui le trouve et le reconnait, offre par le caractère ludique qu’il ne manque pas de prendre pour l’enfant, un champ très étendu de possibilités d’expériences corporelles et affectives.

Peu à peu, à ces premiers tracés projetés d’abord sans intentionnalité, l’enfant va donner des significations. Dans la trace qui est sortie de son geste il va voir quelque chose, il interprète. Un rond par exemple est un bonhomme, un carré est une maison, une voiture…

Avec ses capacités grandissantes de contrôle l’enfant va ensuite pouvoir réaliser intentionnellement quelque chose. Il peut contrôler sa main avec ses yeux, dans le but de représenter ce qui va devenir un dessin.

Le dessin devient alors une « œuvre » séparée de lui. La question de la séparation et de la distance est aussi particulièrement agissante dans tout acte de tracer. Il est à noter que cette évolution des traces vers des figurations qui sont les premiers dessins, se situe en général dans le courant de la deuxième année. C’est aussi le moment où le langage s’élabore. L’enfant commence à faire des phrases, à organiser grammaticalement son langage, et à se nommer, le plus souvent encore à la troisième personne. Ainsi l’élaboration des premières figurations graphiques, interprétables en tant que dessins, est contemporaine de l’élaboration du langage symbolique en lien direct pour l’enfant avec le sentiment de son identité, sur la voie de son individuation, de son autonomisation.

Il existe donc pour l’enfant, dans toute production graphique, des enjeux relationnels, identitaires et affectifs très personnels, très importants, qui se dynamisent à l’intérieur de lui, inconsciemment bien sûr.

Et ce tracé qui va ensuite se mettre au service de l’écriture, est forgé dans le même trait que celui des premiers tracés, des premiers gribouillages, des premiers dessins. Il continue donc, dans cet autre destin qui lui est assigné en devenant de l’écriture, à drainer inconsciemment toute une mémoire de ces mouvements originaires. C’est ce qui fait qu’il n’y a pas deux tracés réalisés par deux mains différentes qui soient identiques, comme il n’y a pas deux écritures semblables, du reste. C’est ce que l’on peut désigner comme étant le style, propre à chacun. Le style, dans l’écriture, c’est la texture du tracé qui porte cette part inconsciente, intime, tandis que le dit de l’écriture, à travers la lettre et les mots, en sera la partie consciente, officielle, universelle.

Marie- Alice Du Pasquier


AEGC, Association pour l’Enseignement de la Graphothérapie Clinique

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